MAINGAULT Philippe

19Oct07

 

 

Philippe MAINGAULT est cadre territorial, chargé de cours à l’Institut d’études européennes

De l’aménagement du territoire au développement local

(M1/M2/VG/p et r/30h/S1)

Les politiques publiques d’aménagement du territoire ont été l’outil spatial de «l’Etat-Providence». Elles ont émergé dans les années 30 puis ont été conduites plus systématiquement après la Seconde Guerre mondiale dans un contexte «vertueux» de croissance économique et démographique. Il était alors relativement facile de répartir centralement les surplus vers les territoires les moins bien dotés. Ces politiques ont été couronnées par un certain nombre de succès en France (décentralisation industrielle, frein puis stabilisation des déséquilibres démographiques, aménagement de territoires délaissés…). En même temps, elles n’ont pas considéré à temps les mutations de l’appareil productif avec notamment la montée des emplois de services (les politiques d’agrément ont été mises tardivement en place pour les bureaux et n’ont pas été conduites dans la durée) et le développement des qualifications. Les politiques de décentralisation industrielle ont, quant à elles, contribué à délocaliser ou à développer des activités productives, ce qui s’est paradoxalement traduit par un renforcement des «fonctions nobles» de l’appareil productif au sein de l’agglomération parisienne. La fin du baby-boom puis la crise économique des années 70 ont remis en cause ces mécanismes de redistribution spatiale.

«L’âge d’or» de la décentralisation est maintenant révolu. Plus que les exigences d’aménagement, ce sont dorénavant les besoins de restructuration/ réaménagement qui s’affirment. Ils sont très nombreux et font apparaître des demandes de politiques publiques spatiales dans des territoires nouveaux (banlieue, territoires de reconversion industrielle, zones écologiques fragiles…) alors que les mécanismes financiers de redistribution sont en crise.

Pour tenter de dépasser ces blocages, de nouvelles interventions publiques sont apparues en France et en Europe, avec une contractualisation croissante dans les politiques d’aménagement du territoire. Si ces politiques ont l’intérêt de favoriser la mobilisation des acteurs d’un territoire, de s’articuler avec des politiques désormais actives de développement local, elles assurent de moins en moins une régulation spatiale audacieuse.

Pourtant et paradoxalement, les disparités de revenus entre régions ont régressé grâce aux nouveaux modes de vie, au développement du tourisme, à la persistance de transferts publics et sociaux… Les inégalités spatiales sont par contre croissantes au niveau infra-régional.

Ces mécanismes régulateurs sont-ils durables ? Ne faut-il pas réadapter à un niveau plus fin les politiques d’aménagement du territoire ? L’aménagement du territoire a-t-il encore un espace propre ? Quelle articulation entre aménagement du territoire et développement local ?

Bibliographie

Elle sera fournie au début du cours.

Stratégies et pratiques du développement local

(M1/M2/VG/p et r/30h/S2)

Depuis plus de 20 ans, dans un contexte de recul de l’État-Providence, de reflux des politiques d’aménagement du territoire et d’avancées des idées néolibérales, les pouvoirs politiques locaux ont développé des stratégies actives de développement local.

Les territoires mis en concurrence cherchent généralement à développer leurs activités économiques afin d’accroître leurs ressources fiscales et l’emploi.

Mais le développement local peut-il se limiter à cela ? Les notions de développement ne sont-elles pas d’ailleurs à réinterroger dans un contexte où l’efficacité économique traditionnelle est en crise et où les défis écologiques majeurs rejoignent la question sociale ? Quelles sont les conséquences, notamment dans les zones urbaines, de ces nouvelles problématiques sur les objectifs de développement ?

Plusieurs options de développement sont envisageables selon le type de territoires mais aussi selon les options politiques. Ainsi, les stratégies institutionnelles de développement ne peuvent être identiques entre la ville-métropole ancrée dans la mondialisation libérale et inscrite dans une économie «d’archipel» et des territoires urbains ou ruraux relégués, entre les objectifs sélectifs de compétitivité et les projets de développement de territoires solidaires et équilibrés.

A côté de ces formes institutionnelles, des expériences marginales mais de plus en plus nombreuses de développement solidaire émergent. Elles sont prises en charge par les populations dans certains pays du Sud mais aussi dans des territoires délaissés du Nord.

Ces formes de développement se suffisent-elles ? Ne faut-il pas chercher à les articuler à des politiques publiques locales ambitieuses mais rénovées ? Les formes renouvelées de coopération décentralisée peuvent-elles encourager une mondialisation des «expériences innovantes» ?

Nous travaillerons dans une démarche comparatiste et dans une approche croisant théorie et études de cas pratiques, autour des thèmes suivants :

– Districts marshalliens, districts industriels italiens, systèmes productifs locaux et pôles de compétitivité, spécialisation sectorielle/fonctionnelle

– Grands investissements privés ou publics en partie exogènes (Iter à Cadarache, nanotechnologies à Grenoble…)

– Logiques d’aménagements économiques tournées vers l’urbanisme commercial, l’aménagement de zones d’activités sans spécialisation particulière.

– Développement local et efficacité de la gestion locale (exemple des transports en commun et de l’aménagement régional dans quelques métropoles).

– Logiques de captation des revenus : économie résidentielle, touristique, culturelle, «exportation» des couches pauvres.

– Economie sociale et solidaire (formes traditionnelles d’économie sociale ; systèmes d’échanges locaux, association pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP), circuits courts et coopératifs, finances solidaires, développement communautaire).

Articulations des formes alternatives de développement local et des interventions institutionnelles locales. Le cas de la commande publique locale.

Bibliographie

Elle sera fournie au début du cours.

Montages de projets. Dynamiques territoriales du développement urbain

/M2/VGp et r/30h/S12)

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